Allocation · thèses macro

Pourquoi ces choix

Les choix d'architecture du portefeuille, et pourquoi.

L'allocation est fixée par des thèses macro, non par la performance. Elle n'est révisée que lorsqu'une thèse est structurellement réfutée — jamais à cause d'un drawdown temporaire. Chaque thèse ci-dessous porte des marqueurs de réfutation explicites, et la page a une date de révision ferme.

Anti-obligations

La dette souveraine de longue duration est structurellement peu attrayante. Réfutée si : le ratio dette/PIB du G7 entre dans un déclin durable, ou si les rendements des TIPS à 10 ans se maintiennent au-dessus de 2 % pendant 24 mois, ou si l'inflation sous-jacente reste sous 2 % pendant 24 mois.

L'or est une assurance, pas un moteur

L'or tient dans les régimes inflationnistes et monétaires et cède dans les autres — son bilan dépend de la décennie. Cela en fait un pari de régime, pas un diversifiant robuste : il ne figure donc plus dans la poche défensive de la stratégie, désormais en cash pur. L'or ne gagne sa place que comme assurance catastrophe statique, en auto-conservation, détenue hors du système de momentum — une couverture contre la rupture que le moteur ne peut pas traverser en tradant, pas un levier que le moteur actionne. Réfutée si : le cash se révèle un moins bon actif défensif que l'or sur un cycle complet.

Pro US-style (séculaire)

La rotation croissance/valeur reflète une psychologie des investisseurs invariante, pas un régime passager. Validée par le test du siècle — la prime de rotation est distribuée sur presque chaque décennie depuis les années 1920 (sur le book-to-market de Fama-French : la logique, pas le trio exact IWF/IWD/IWB), même si elle creuse le drawdown lors d'un krach généralisé sans refuge de style, comme dans les années 1930. Réfutée si : la prime de rotation disparaît pendant 15 ans.

Pro actifs réels (le déploiement de l'IA)

L'IA est déflationniste pour les services, pas pour les actifs réels : les centres de données tournent à l'électricité et aux métaux, si bien que le déploiement met un soutien structurel sous l'énergie et les matériaux, alors même que les coûts logiciels s'effondrent. C'est une vision du monde, pas une inclinaison — la position n'est jamais codée en dur ; on laisse le momentum la prendre ou la laisser. Réfutée si : les dépenses d'investissement en IA se contractent pendant 24 mois, ou si la demande d'actifs réels se découple visiblement de la croissance de la puissance de calcul.

L'enveloppe fait partie de la stratégie

Une stratégie de momentum tourne, et la rotation matérialise les gains. Dans un compte-titres ordinaire, chaque vente d'une position qui a monté est un fait générateur d'impôt — si bien que le capital qui continue de capitaliser est rogné à chaque rotation. Sur un seul mois, le frein est minuscule ; sur des décennies, il se compose contre vous.

Au sein d'une assurance-vie française, arbitrer entre fonds n'est pas un fait générateur d'impôt. La stratégie tourne en pleine exonération ; l'impôt n'est dû qu'au retrait. Le capital capitalise donc sur son solde brut tout du long, au lieu d'un solde que le fisc rogne à chaque trade gagnant. L'avantage croît avec la fréquence des rotations — il vaut bien plus pour une stratégie active que pour un fonds laissé tranquille. Le report se mue aussi en rabais : passé le huitième anniversaire du contrat, les retraits bénéficient d'un abattement annuel et d'un taux réduit, si bien qu'une sortie partielle annuelle calibrée sur l'abattement ressort quasi exonérée.

L'horloge des huit ans court à partir du jour où le contrat est ouvert, pas de l'entrée des fonds. Un vieux contrat est donc un actif à part entière — et c'est pourquoi, ici, l'argent ne passe jamais d'un assureur à l'autre : un transfert compte comme un retrait, ce qui déclenche l'impôt et remet l'horloge à zéro. Nous adaptons la stratégie aux fonds que chaque contrat propose déjà plutôt que de courir après un meilleur fonds ailleurs. Cette contrainte est toute la raison pour laquelle le backtest tourne sur des proxys fidèles des fonds réellement détenus, et non sur le ticker qui obtiendrait le meilleur score.

Rien de tout cela n'est gratuit. L'enveloppe prélève des frais annuels par-dessus le coût propre de chaque fonds ; l'univers investissable se limite aux fonds que le contrat référence (d'où les proxys — et les manques, comme les futures de secteurs de matières premières, qu'aucun contrat n'offre) ; et un arbitrage se dénoue un jour ou deux plus tard, à un prix que vous ne voyez pas au moment de le passer. Plus lourd de conséquences : en crise systémique, le régulateur peut suspendre temporairement les rachats et les arbitrages — l'abri peut être verrouillé précisément quand on voudrait agir. Le fonds en euros est le premier support gelé, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles il n'est pas utilisé comme refuge cash (voir la note « Pourquoi pas le fonds en euros ? » sous Méthodologie).

La leçon plus large fait écho à celle du parachute : la structure qui porte une stratégie n'est pas un détail qu'on ajoute après coup. Pour quelque chose qui trade, l'enveloppe fiscale déplace le résultat capitalisé autant que le ferait un point environ de rendement annuel — comme le montre le graphique ci-dessous — et elle mérite d'être choisie aussi délibérément que les actifs qu'elle contient.

100 € capitalisés à 10 % par an pendant 25 ans · enveloppe assurance-vie vs compte-titres Le dual momentum tourne chaque année : un compte-titres matérialise les gains chaque année ; le contrat les reporte à la sortie 100 200 300 400 500 600 700 800 900 0 5 10 15 20 25 années Assurance-vie — reporté, imposé une fois à la sortie · finit ≈ 840 Compte-titres, 17 % (barème IR, tranche basse) · finit ≈ 730 Compte-titres, 28 % (barème IR, tranche 11 %) · finit ≈ 565 Compte-titres, 30 % (flat tax) · finit ≈ 545
Une comparaison fiscale illustrative, pas un backtest. 100 € capitalisant à 10 % par an — l'ordre de grandeur de long terme pour les actions, délibérément pas le backtest récent — sur 25 ans. Comme la stratégie tourne chaque année, un compte-titres matérialise ses gains et y est imposé annuellement ; le montant dépend de la situation du détenteur — la flat tax de 30 %, ou le barème de l'impôt sur le revenu, qui part d'environ 17 % (tranche basse) vers le haut. Dans le contrat, un arbitrage entre fonds n'est pas une vente : l'impôt est donc reporté et capitalise jusqu'à la sortie, puis payé une seule fois à taux réduit. L'enveloppe termine environ 15 % à 55 % devant selon le taux d'imposition — l'écart le plus large sous la flat tax, plus étroit pour les tranches basses (où le contrat pourrait aussi opter pour le barème). Régime 2026 ; montré avant l'abattement annuel post-8 ans, qui creuse encore l'écart.

Révision obligatoire : mai 2028 au plus tard.

Avertissement

Ce projet traite le logiciel comme un dispositif d'engagement : son but est d'imposer une discipline d'exécution, pas de courir après l'optimisation. Rien ici n'est un conseil en investissement.