Exploratoire · backtest
Banc d'essai crypto
Un banc d'essai exploratoire, backtest uniquement — ce que le dual momentum montre sur Bitcoin et Ethereum, pourquoi leur fenêtre de momentum est plus courte, et pourquoi rien n'est tradé automatiquement.
Crypto — banc d'essai exploratoire
Les univers crypto sont un banc d'essai exploratoire, séparé de la stratégie de production. Ils ne sont jamais tradés par le moteur : la crypto n'a pas de chemin d'exécution automatique, et le portefeuille déployé reste le 70/30 décrit sur la page Comment ça marche. Cette section documente ce que le dual momentum donne quand on l'applique à un actif extrêmement volatil — le Bitcoin, puis une rotation Bitcoin/Ethereum — et ce qu'une petite poche crypto apporte, en backtest seulement, à un portefeuille diversifié.
Une fenêtre de momentum plus courte
Le réglage qui compte le plus pour la crypto est la fenêtre de momentum. Là où le 70/30 mesure le momentum sur un mélange de fenêtres à 1, 3 et 6 mois, la crypto exige une fenêtre nettement plus courte — 1, 2 et 3 mois. La raison est mécanique, pas un ajustement de courbe : un actif qui peut perdre la moitié de sa valeur en quelques semaines retourne de tendance trop vite pour qu'une fenêtre longue le suive ; le temps qu'un signal à 6 mois réagisse, l'essentiel de la chute est déjà encaissé. Sur le Bitcoin seul (2016–2026), la fenêtre courte donne un ratio rendement / drawdown d'environ 1,6 ; la fenêtre longue du 70/30, appliquée au même actif, tombe sous 0,9 et accompagne le Bitcoin dans ses pires effondrements.
La rotation Bitcoin/Ethereum
Ajouter l'Ethereum comme second actif risqué transforme le momentum absolu (un seul actif, garde ou cash) en une vraie rotation : chaque mois, le moteur détient le plus fort des deux — à condition que le Bitcoin, pris comme baromètre du régime crypto, dépasse lui-même le seuil cash. Sur la fenêtre où les deux existent, la rotation bat le Bitcoin seul en rendement. Mais cet apport n'est pas gratuit : l'Ethereum, plus jeune et plus volatil, creuse le pire drawdown lors du marché baissier de 2018 (environ −59 % contre −45 % pour le Bitcoin seul). Le gain de rendement s'accompagne d'un surcroît de risque sur la fenêtre complète — un point que masquait une fenêtre plus courte, démarrant après les pires excès de l'Ethereum.
Une poche crypto dans le portefeuille
Pour mesurer ce qu'une petite poche crypto apporterait à un portefeuille diversifié, on remplace 5 points de la poche actions du 70/30 par la rotation Bitcoin/Ethereum — un portefeuille 65/5/30, construit comme sonde, jamais comme cible. Sur 2016–2026, le ratio rendement / drawdown passe d'environ 1,6 (le 70/30) à environ 1,9, pour un pire drawdown quasi inchangé : la poche crypto se décorrèle des autres — son effondrement catastrophique de 2018 survient quand les actions sont proches d'un sommet, si bien qu'à 5 % elle ne creuse presque pas le pire du portefeuille. C'est le signe d'une vraie diversification — sur cette fenêtre.
La taille, seule protection
Ces résultats sont doublement dépendants de l'échantillon. D'abord, 2016–2026 est l'unique fenêtre d'existence de la crypto, et c'est un régime de hausse historique (le Bitcoin y a été multiplié par environ deux cents) : toute dose de crypto y flatte mécaniquement le rendement. Ensuite, l'avantage du ratio dépend entièrement de la fenêtre de momentum courte, elle-même calibrée sur cette même période — avec la fenêtre du 70/30, l'avantage du 65/5/30 disparaît presque. À cela s'ajoute un risque propre à la classe que le dual momentum ne couvre pas : une chute à zéro n'est pas exclue, et un effondrement plus rapide que le pas mensuel laisserait la position exposée. La crypto reste donc un banc d'essai, géré — si un jour il l'est réellement — comme une poche séparée et plafonnée, dont la taille est la seule vraie protection. Rien de tout ceci n'est tradé.
Acheter la crypto là où vivent déjà les actions. Pour gérer une petite poche crypto à côté d'une stratégie actions, il y a un intérêt pratique à l'acheter dans un compte qui traite à la fois actions et crypto — comme Alpaca ou tastytrade — plutôt que dans un compte-titres doublé d'une plateforme crypto dédiée (type Coinbase). Dans un seul compte, on ajuste la taille relative des deux poches d'un simple arbitrage, sans transférer d'argent entre institutions : ni délai, ni friction, ni allers-retours fiat. Réserve honnête : la crypto détenue chez un courtier n'est pas couverte par la SIPC (elle est confiée à un custodian tiers) — l'avantage est donc opérationnel, pas une garantie sur la conservation.