Exploratoire · backtest
Les obligations en dual momentum
Le dual momentum appliqué aux obligations : rotation entre Treasuries longues, crédit investment-grade et dette émergente — et la vraie question, où se réfugier quand aucune d'elles ne tient.
Les obligations en dual momentum
Le dual momentum n'est pas réservé aux actions. Sur les obligations, il fait tourner un petit univers — Treasuries longues, crédit investment-grade, dette émergente — en détenant chaque mois celle qui a le plus fort momentum et en basculant vers un parachute défensif quand aucune ne tient. L'idée : capter la poche obligataire qui marche (taux qui baissent → Treasuries ; spreads qui se resserrent → crédit ou émergent) sans rester coincé dans celle qui fait mal.
Trois moteurs de risque différents
Les Treasuries longues réagissent à la duration et aux taux directeurs ; le crédit investment-grade au cycle et aux spreads ; la dette émergente au risque mondial et au dollar. Tourner entre elles diversifie les moteurs du risque obligataire — pas seulement l'allongement ou le raccourcissement de la duration.
La vraie question, c'est le parachute
Quand toutes les obligations faiblissent ensemble, où se réfugier ? Le défaut robuste, c'est le cash : il ne perd rien, il attend. Mais une intuition tentante existe.
L'or comme refuge ? Séduisant, peu étayé
Quand on se défie des obligations — inflation, dérive budgétaire, taux qui s'emballent — ce qui fait mal aux obligations est souvent ce qui fait briller l'or. L'or est l'anti-obligation : pas de coupon, mais il ne dépend ni d'un émetteur ni d'une devise. D'où l'idée d'un OOM = or plutôt que du cash : si l'on fuit les obligations, l'or serait le refuge naturel.
Séduisant — mais fragile. Même sur la fenêtre reconstruite d'environ 30 ans utilisée dans le graphe ci-dessous (à peu près 1995–2025), la preuve est mince : c'est un régime séculaire pro-obligataire — des taux en baisse générale depuis leurs sommets du milieu des années 1990 — et le vrai test de l'or face aux obligations, la stagflation et les flambées de taux depuis un pic des années 1970 et du début des années 1980, tombe en dehors de cette fenêtre (les données souveraines émergentes exploitables ne commencent que vers 1995). L'unique vrai choc obligataire dans la fenêtre est 2022, et ce ne fut pas un triomphe de l'or : l'or est resté à peu près stable en dollars tandis que les Treasuries longues chutaient d'environ −30%. « Mieux que les obligations », oui ; « refuge éblouissant », pas vraiment.
Donc « OOM = or » est une hypothèse, pas un avantage validé. Le compromis retenu — un parachute 50% or / 50% cash — en prend la moitié : un peu de la conviction de l'or, un peu de la sécurité du cash, en attendant que des proxys plus longs tranchent. À lire comme une exploration, pas une recommandation.
Réplicable en Europe
Chaque bloc a son équivalent UCITS (Treasuries longues, crédit $, dette émergente $, or, T-Bill) — voir la table d'équivalence. Comme toujours, le backtest tourne sur des prix bruts : en réalité, comptez le TER des fonds et la friction des rotations.
Dernière vérification : juin 2026.