Référence · fiscalité américaine
L'estate tax américaine
Ce que l'estate tax américaine implique pour un investisseur européen détenant des ETF cotés aux États-Unis.
Le mécanisme
Les États-Unis taxent la succession des non-résidents sur leurs actifs « US-situs » — situés aux États-Unis au sens fiscal. Les actions et ETF cotés aux États-Unis en font partie, quel que soit le courtier qui les conserve : déménager le compte ne change rien, c'est l'actif qui compte. Le seuil d'exonération pour un non-résident est de 60 000 $ seulement (contre plusieurs millions pour un résident américain), et le barème monte jusqu'à 40 %.
Les conventions, pays par pays
Tout dépend ensuite de l'existence — et de la génération — d'une convention successorale entre votre pays et les États-Unis. Trois situations existent. Les conventions MODERNES (dites « de domicile ») ouvrent au résident un crédit d'exonération proratisé sur l'abattement américain, qui annule souvent l'impôt pour les patrimoines moyens. Les conventions ANCIENNES (dites « de situs ») règlent surtout les conflits de double imposition : leur protection est réelle mais plus limitée. Sans convention, le seuil de 60 000 $ s'applique pleinement.
| Pays | Convention | Situation indicative |
|---|---|---|
| France | Oui (1978, protocole 2004) | Moderne : titres imposables en France seule ; crédit proratisé pour le reste. |
| Allemagne | Oui (1980, protocole 1998) | Moderne : titres imposables en Allemagne seule ; crédit proratisé pour le reste. |
| Royaume-Uni | Oui (1978) | Moderne : titres imposables au Royaume-Uni seul ; impôt US plafonné au calcul « comme un résident américain ». |
| Pays-Bas | Oui (1969) | Moderne : titres imposables aux Pays-Bas seuls ; protection limitée pour l'immobilier US. |
| Autriche | Oui (1982) | Moderne : titres imposables en Autriche seule ; protection limitée pour l'immobilier US. |
| Danemark | Oui (1983) | Moderne : crédit proratisé. |
| Italie | Oui (1955) | Ancienne (situs) : titres dans le champ US ; exonération proportionnelle. |
| Suisse | Oui (1951) | Ancienne (situs) : un prorata d'exonération existe. |
| Irlande | Oui (1949) | Ancienne (situs) : portée plus limitée. |
| Finlande | Oui (1952) | Ancienne (situs) : portée plus limitée. |
| Grèce | Oui (1950) | Ancienne (situs) : portée plus limitée. |
| Norvège | Oui (1949) | Ancienne (situs) : portée plus limitée. |
| Espagne | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Portugal | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Belgique | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Luxembourg | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Suède | NON (convention dénoncée en 2008) | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Brésil | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
| Pologne, Tchéquie et la plupart des autres pays UE | NON | Seuil de 60 000 $ plein. |
La portée exacte de chaque convention — assiette, déductions, sort du conjoint survivant — relève du texte conventionnel et de votre situation : ce tableau classe, il ne calcule pas. Dernière vérification : juin 2026.
La procédure, même à impôt nul
Convention ou pas, la friction demeure : au décès, le courtier américain gèle les avoirs jusqu'à réception d'un certificat de transfert de l'IRS, qui suppose le dépôt du formulaire 706-NA. Comptez des mois. Une clause bénéficiaire de type TOD (transfer on death) évite la procédure judiciaire de succession américaine (probate), mais PAS l'estate tax ni le 706-NA. Les héritiers doivent pouvoir attendre : la liquidité successorale se prévoit hors des comptes américains. Voir la procédure détaillée — le seuil de 60 000 $, le formulaire 706-NA, le transfer certificate et la désignation TOD.
Ce qui n'est pas US-situs
Deux exceptions notables. Les dépôts bancaires américains d'un non-résident sont exonérés d'estate tax. Et un fonds UCITS domicilié en Irlande ou au Luxembourg n'est pas un actif US-situs — même s'il ne contient que des actions américaines : c'est la parade structurelle classique, au prix des écarts de frais, de la fiscalité des dividendes intra-fonds et des contraintes d'accès traitées plus haut sur cette partie du site.
Réponses de conception
Trois leviers se combinent : accepter l'exposition en la documentant (un dossier successoral préparé avec un notaire rompu à l'international transforme des mois d'incertitude en procédure balisée) ; loger la liquidité de survie des héritiers hors juridiction américaine ; ou substituer des UCITS aux ETF US pour la part que l'on veut soustraire à l'assiette. Le bon dosage dépend du pays de résidence — le tableau ci-dessus en donne la première coordonnée — du patrimoine et de la situation familiale : une décision à prendre informé, pas par défaut.
Ces informations sont générales et simplifiées (dernière vérification : juin 2026) ; les conventions et barèmes évoluent. Ceci n'est ni un conseil fiscal ni un conseil juridique : consultez un professionnel pour votre situation.