Référence · fiscalité américaine

La désignation TOD (transfer on death)

L'outil de planification le plus simple pour un compte-titres américain — et les limites précises de ce qu'il fait.

Le TOD (transfer on death) est une désignation de bénéficiaire propre au droit des États américains : le titulaire d'un compte-titres désigne à l'avance la ou les personnes qui en deviendront propriétaires à son décès, directement, sans passer par le tribunal. Pour un investisseur non américain détenant un compte chez un courtier américain, c'est, lorsqu'il est accessible, l'outil de planification le plus simple à sa disposition — à condition de comprendre exactement ce qu'il fait, ce qu'il ne fait pas, et de vérifier d'abord qu'il lui est ouvert (voir plus bas). (La procédure fiscale qui reste due au décès — 706-NA, transfer certificate — est décrite sur la page « procédure ».)

Information générale, pas un conseil juridique ou fiscal. L'articulation d'une désignation TOD avec le droit successoral du pays du défunt doit être validée par un professionnel qualifié.

Ce qu'est le TOD

Le mécanisme vient d'une loi uniforme (Uniform TOD Security Registration Act), adoptée — parfois avec des variantes — par la quasi-totalité des États américains. C'est le droit étatique, pas le droit fédéral, qui gouverne la manière dont les titres sont enregistrés ; la loi uniforme prévoit même qu'une désignation reste présumée valide, au titre du droit des contrats, là où elle n'est pas en vigueur. En pratique : le compte est enregistré « en forme bénéficiaire » — le nom du titulaire, suivi de la mention « TOD » et du nom du ou des bénéficiaires.

Trois propriétés, inscrites dans les textes :

Ce que le TOD apporte

Ce que le TOD ne fait pas

C'est le point le plus mal compris, et il mérite d'être dit sans détour :

Le parcours du bénéficiaire au décès

Concrètement, à la mort du titulaire, le bénéficiaire désigné doit :

  1. Notifier le courtier et fournir le certificat de décès (avec traduction anglaise) ainsi que les justificatifs d'identité demandés — chaque établissement publie sa propre liste de pièces.
  2. Ouvrir un compte à son nom (souvent chez le même établissement) pour y recevoir les titres ré-enregistrés ; un bénéficiaire non américain fournit à cette occasion sa documentation fiscale de non-résident. Vérifier de son vivant que l'établissement ouvre des comptes aux résidents du pays du bénéficiaire — l'éligibilité dépend des politiques d'acceptation du moment, et c'est le maillon que personne ne pense à tester avant d'en avoir besoin.
  3. Accomplir la procédure fiscale américaine : dépôt du 706-NA si le seuil de 60 000 $ est franchi, puis demande du transfer certificate — c'est ce certificat qui autorise l'établissement à libérer effectivement les titres. (Détail : pages « procédure » et « formulaire 706-NA ».)
  4. Recevoir les titres, puis en disposer (conservation, vente, transfert).

L'étape 3 est la plus longue ; les étapes 1-2 peuvent être préparées du vivant du titulaire (le bénéficiaire sait qu'il est désigné, connaît l'établissement, et sait quelles pièces seront demandées).

Bonnes pratiques

Pas un conseil

Information générale, juin 2026. Le TOD relève du droit des États américains et des conditions propres à chaque établissement ; son articulation avec le droit successoral du pays du défunt varie selon les législations et doit être validée par un professionnel qualifié. Ni conseil juridique, ni conseil fiscal.